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¤   Historique des écoles d'Ardentes
 
historique des écoles

l'école aujourd'hui

 

 

 

  • De 1 700 à 1 800

Sous l'Ancien Régime, l'éducation est presque exclusivement entre les mains de l'Eglise. En 1704, une déclaration du roi établit "des maîtres et des maîtresses d'école dans toutes les paroisses où il n'y en a point pour instruire les enfants de l'un et de l'autre sexe des principaux mystères de la Religion Catholique, Apostolique et Romaine". 
Encore fallait-il qu'il y eût sur place une institution qui se vouât à l'enseignement, ce que nous ignorons pour Ardentes.


Il suffit de porter un  regard dans les registres paroissiaux de Saint Martin sur les années 1725 à 1729 pour se rendre compte du degré d'illettrisme de l'époque : sur 301 actes (baptêmes, mariages, décès) ayant demandé la participation d'environ 660 personnes appelées à  signer, on relève seulement 45 signatures autres que celle du curé !!! Encore peut-on remarquer à maintes reprises le paraphe d'une certaine Marie PELARD invitée comme témoin.
Une autre preuve de cet illettrisme : en 1789 sur 31 notables ayant participé à la rédaction de Cahiers de Doléances, 12 seulement ont apposé leurs signatures.

 

 

De grandes voix de la Révolution comme celle de Condorcet s'élevèrent en faveur de l'école pour tous ; Danton proclamait lui aussi "Après le pain, l'instruction est le premier besoin du peuple".
Mais la jeune République n'eut jamais les moyens de mettre en œuvre ses louables et généreuses intentions comme le montre les comptes-rendus des enquêtes mensuelles effectuées pour le Directoire départemental en 1796.

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une école du XVIIIe siècle

 

 

Quel est le nombre des écoles primaires 
dans le canton ?
"Deux, une pour les
garçons et une pour les filles".


Quel est le nombre d'élèves ? "Quatre
garçons et une fille".


Les instituteurs sont-ils instruits ? "Pas
plus qu'il ne faut".


Quels sont les livres utilisés ? "des 
psautiers et, pour tout livre républicain,
le code des délits et des peines".

 


 

 

Quelles sont les améliorations à apporter à l'enseignement public ? 

 

 

"Bien payer les instituteurs pour en avoir de bons, 

 

procurer facilement des livres de morale républicaine, 

 

obliger les pères et mères à envoyer leurs enfants à l'école, 

 

 

mettre les instituteurs sous la surveillance de commissaires"

 

 

Le citoyen Louis LACROIX, par ailleurs géomètre, arpenteur, employé des forges, officier municipal et greffier du juge de paix, exerce alors les fonctions d'instituteur à Ardentes ; Charles COMBEFORT, ancien commis de la gabelle et greffier, est agréé par La Société Populaire à enseigner à Sassierges.
A cette époque, il existe donc à Ardentes une école pour les garçons dans une maison louée à Saint Vincent et une autre pour les filles dans le vaste presbytère de Saint Martin sous la férule de religieuses parce que "le mélange des filles et des garçons a toujours été fort préjudiciable et défendu".

 

 

 dès 1800

 

Côté Saint Martin

Côté Saint Vincent

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Pour les filles, sur proposition de curé Cavoit et du Conseil de Fabrique, on décide d'établir une "Ecole de Charité" qui sera gouvernée par deux sœurs dont l'une s'occupera exclusivement de l'instruction et l'autre du soin des malades. Le local sera la cure Saint Martin qui n'est pas utilisée par le Culte. Chaque année, la liste des enfants indigents à admettre gratuitement est établie par le maire en concertation avec le curé : 10 en 1841, 25 en 1848, 26 en 1856, 40 en 1862, 68 en 1867 et 111 en 1869 ; cette progression est représentative de la grave crise sociale de cette époque et témoigne également du désir de répandre l'instruction .

La municipalité appelée à se prononcer sur le choix d'un instituteur laïc ou congréganiste considère : "un instituteur laïc qui a été élevé et a vécu dans le sein de la société, qui est lui-même père de famille, connaît mieux les enfants et est plus apte à les élever pour la société qu'un religieux, lequel ayant renoncé aux douceurs de la famille, ne peut c onnaître parfaitement les enfants et est nécessairement moins en mesure de les élever en vue de la société pour laquelle ils sont faits". Elle opte à l'unanimité pour un instituteur laïc.

La rétribution de l'instituteur comporte alors plusieurs éléments :

  • un traitement fixe versé par la commune qui ne peut légalement être inférieur à 2000 francs.

  • le produit de la rétribution scolaire payée par les parents. Ce taux est fixé par le conseil municipal : 1 F 50 c pour les élèves écrivant sur papier, 0 F 75 c pour les autres (ardoise). 

  • un supplément accordé par la commune pour ceux dont le revenu n'atteint pas 600 francs.

En 1851, la directrice de l'école, Melle DELAPORTE (sœur Flavienne en religion) déclare qu'elle a l'intention d'ouvrir un pensionnat primaire. En 1861, la nouvelle directrice, Melle SEMENTRY (sœur Isidore) dispose de 650 francs de revenus alors que son collègue de Saint Vincent perçoit 1187 francs. En 1869, le salaire de Melle MALLET (sœur Céleste) sera de 600 francs.
La situation de l'école de filles reste tout à fait particulière : depuis 1840, cohabitent dans les mêmes locaux d'une part une école religieuse et privée recevant les enfants des familles aisées, d'autre part une école publique, dirigée par une bonne sœur, ouverte en principe à tous. La cure Saint Martin, comme tous les biens paroissiaux, appartient à la Fabrique. La commune bénéficie d'une convention pour l'utilisation des locaux et leur entretien.

En 1881, après les lois de Jules Ferry, la concession est renouvelée pour 9 ans sous réserve que "l'ancien presbytère ne pourra jamais être utilisé pour une école laïque". En 1882, la nécessité se fait pourtant sentir de construire une école de filles. La commune en ayant déjà une qui fonctionne à moindre frais (la sœur Isidore perçoit 1410 francs alors que son collègue de Saint Vincent, Monsieur SALMON  touche 2400 francs), le maire Monsieur PRUNGE pose alors au conseil la question : "une commune peut-elle s'imposer davantage pour le seul plaisir de rendre l'école laïque ?"  La réponse s'impose d'elle même, évidemment non !
En ce qui concerne les fournitures, le directeur de Saint Vincent dispose de 5 F par élève et par an alors que la sœur Hermanne qui exercera toujours en 1905, âgée de 75 ans, ne demande que 4 F.

 

En 1822, Monsieur BAUDE, instituteur à Saint Vincent reçoit des garçons de Saint Martin dont la municipalité refuse de participer à la dépense.
En 1832, une indemnité de 100 francs est allouée au sieur TOURETTE, "à charge pour lui d'instruire par la méthode d'enseignement mutuel et d'avoir toujours six élèves gratis qui seront pris parmi les enfants pauvres". Ardentes a donc devancé la loi Guizot qui, en 1833, impose aux communes d'entretenir une école primaire.
En 1840, ledit TOURETTE reçoit 160 francs de Saint Martin et 200 Francs de Saint Vincent mais son enseignement est très critiqué ; il n'a plus que 12 ou 13 élèves. La décision est néanmoins prise de construire sur un terrain communal une maison d'école pouvant contenir la salle de la Mairie et le dépôt de sûreté
 La construction est terminée en 1842 et la commune devient donc propriétaire de son école de garçons.

Monsieur TOURETTE, démis de ses fonctions, est remplacé par Monsieur AUPAIN qui accueille 60 élèves en 1851. Une deuxième classe est ouverte et confiée à un jeune moniteur payé 30 francs par le directeur. 

En 1866, Monsieur BOUCHEREAU étant maire, un conseiller propose de voter la gratuité totale. Au cours de cette séance historique, le conseil vote la gratuité de l'instruction pour les garçons et pour les filles et arrête le traitement fixe de l'instituteur à 1200 francs, celui de l'institutrice à 600 francs. Une subvention de 200 francs est allouée à Monsieur AUPAIX pour dispenser des cours d'adultes. 

Hélas, ayant pris connaissance du budget, le préfet estime que "la situation financière de la commune ne permet pas l'établissement de la gratuité scolaire". On en revient donc à l'ancien système. 

En 1875, Monsieur AUPAIX qui, outre les cours d'adultes, a la charge du bureau télégraphique installé dans sa classe, éduque 120 à 130 élèves quand il reçoit le renfort d'un adjoint. La construction d'une nouvelle école est envisagée sur le terrain du Carmouchet, puis à l'angle de la route de Sassierges et enfin sur la place Saint Vincent. On recense les biens communaux susceptibles d'être vendus pour assurer le financement, on s'adresse au ministre Jules Ferry qui prend la peine de répondre : "vous avez bien voulu me recommander la commune d'Ardentes qui sollicite un secours de l'état en vue d'acquitter les frais d'installation de sa nouvelle école. Je prends note de votre excellente intervention et je ne manquerai pas de m'en souvenir lorsque le moment sera venu de statuer sur la demande de la commune d'Ardentes".

En 1888, la construction terminée, l'école reçoit 197 élèves sous la direction de Monsieur LAGRILLERE ; il est créé une troisième classe. Cette création nécessite simplement la pose d'une cloison pour couper une classe en deux ; l'opération sera renouvelée quelques années plus tard pour l'ouverture d'une quatrième classe

 

 

 

 

  • De 1 900 à nos jours

En 1900, un rapport de l'inspecteur mentionne que l'école publique de fille à Saint Martin "fonctionne dans deux petites salles : 40m2 pour 50 élèves et 39 m2 pour 60 élèves entassés dans les plus mauvaises condition d'hygiène et de salubrité ; les cabinets sont situés dans la cour de l'école privée voisine". 
En 1905 arrivent les lois de séparation de l'église et de l'état qui interdisent l'enseignement aux congrégations. La fermeture de l'école privée amène à l'école publique un effectif de 140 élèves pour deux classes. On ouvre donc une troisième classe dans des bâtiments de plus en plus vétustes et insalubres.  

Il faut donc se résoudre à bâtir mais il faudra une mise en demeure du Préfet pour que le Conseil se résigne à la construction de bâtiments neufs en bordure de la route de Vallières. Les travaux ne sont adjugés qu'en 1912 et ne seront terminés qu'après la guerre en 1920. On construit dans la même enceinte une salle des fêtes et de cinéma qui fera également office de cantine.

 

 

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Du côté Saint Vincent, à l'instigation de l'Etat Français, des jardins scolaires sont défrichés derrière le stade par les garçons qui outils sur l'épaule vont allègrement plantés radis et salades en chantant les louanges du Maréchal, encouragés en classe par des bons-points à son effigie. On les emmène également se baigner dans la rivière sommairement aménagée à la Grosse Pierre. 

 

 

En 1930, une cantine scolaire verra le jour dans les locaux de la salle des fêtes de l'école de filles. 

En 1940, pendant la guerre, l'Indre décrétée "d'accueil" pour l'Alsace et la Lorraine, on assiste avec l'exode des réfugiés au gonflement des effectifs. 1944 verra l'ouverture d'une cinquième classe à Saint Martin ; il faudra attendre 1949 pour l'école Saint Vincent.

1955 voit naître le premier projet de l'Ecole Maternelle qui fonctionne avec 5 classes dans le Jardin Public au bord de l'Indre.

En 1968, avec la loi sur la réforme de l'enseignement, la scolarité devient obligatoire jusqu'à 16 ans, ce qui entraîne la suppression des classes de fin d'études, tous les élèves devant fréquenter les collèges d'enseignement général ouverts dans chaque canton sauf à Ardentes. Ce n'est qu'en 1981, après la création d'un syndicat intercommunal (Ardentes, Ambrault, Arthon, Etrechet, Jeu les Bois, Mâron, Sassierges Saint Germain) que fut ouvert avec 200 élèves (6ème et 5ème) le collège des Grands Buissons appelé ensuite Stanislas Limousin. 

La mixité dans les écoles primaires, d'abord refusée en 1970, fut tardivement adoptée en 1977 ce qui entraîna la fin de l'appellation traditionnelle qui figure toujours aux frontons des deux édifices.

 

 

Réclamée dès 1881 par le Conseil Municipal, une classe enfantine fut ouverte à Clavières. Elle ne cessa de fonctionner qu'en 1971, les enfants ayant alors la possibilité de bénéficier du ramassage de car. Une demande d'ouverture d'une même classe à Dressais, en 1897, ne connut aucune suite.

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  • Liste des différents directeurs

Depuis 1822, une vingtaine de directeurs se sont succédés à l'école Saint Vincent :

  • 1822 : M. BAUDE (1 classe)               

  • 1829 : M. TOURETTE

  • 1850 : M. AUPAIN (1 classe de 60 élèves)

  • 1866 : M.AUPAIX (2 classe de 130 élèves)

  • 1878 : M. RIVIERE

  • 1880 : M. TISSIER

  • 1882 : M. SALMON (3 classes)

  • 1888 : M. LAGRILLERE

  • 1906 : M. BALLEREAU (4 classes)

  • 1922 : M.MAZOUARD

  • 1923 : M. LAPLACE

  • 1929 : M. BESSAT

  • 1934 : M. RABOT

  • 1939 : M. MICHAUD

  • 1940 : M. HAUGUEL

  • 1941  : M. MICHAUD

  • 1962 : M. VAUZELLE (5 puis 6 classes)

  • 1979 : M. GERARD (5 classes)

  • 1988 : M. CLEON

  • 1989 : M. ALAUX

  • 1993 : M. JAMMET

  • 1997 : M. ROUGERON

  • 1999 : M. LOURET (4 classes)

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