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¤ La vie en 1789 à Ardentes
 
     

 

La population Les activités Le cahier de doléances Les premières municipalités

 

 Travail réalisé, par les CM2 (année 1999-2000), à partir des recherches effectuées par Monsieur Maurice GERARD, ancien directeur de notre école, et à qui nous disons un grand merci.

 

A cette époque, Ardentes n'est pas une seule commune comme aujourd'hui mais deux paroisses distinctes : Saint Vincent et Saint Martin ayant chacune son église, son curé, sa fabrique, son cimetière.

La frontière entre les deux communes est immuable, constituée par la rivière Indre.

 

La population

Jusqu'en 1793, ce sont les curés qui enregistrent les naissances, mariages et décès dans les registres paroissiaux. A partir de 1793 (an II de la Révolution), cette tâche est confiée à la nouvelle municipalité de chaque commune.

La population à Ardentes en 1801

nombre d’habitants
(environ)

nombre de foyers
(feux)

nombre de noms
de famille

noms les plus répandus

Saint-Vincent

1 002

278

232

Limousin

Saint-Martin

927

258

184

Léonard, Petit, Mercier

 

Marie à tout prix

A l'enregistrement des naissances chez les filles, le prénom le plus répandu est Marie (149 sur 378). Viennent ensuite Anne (48) et Marguerite (45).

Chez les garçons, le prénom le plus répandu est Jean ( 113 sur 401), suivi de Pierre (54) et François (45).

Les prénoms multiples sont souvent donnés par des parents jouissant d’une certaine notabilité (ou voulant le faire croire.) La palme revient à Joseph Labar, cabaretier à Clavières, qui avait prénommé sa fille Brigitte Adélaïde Antoinette Rosalie.

 

4 Mariages et un enterrement

Sous l’ancien régime, l’ âge légal du mariage était de 12 ans pour les filles et de 14 ans pour les garçons. 

Jean Poudroux (17 ans) et Thérèse Biard (14 ans) constitue le couple le plus jeune enregistré à Ardentes.

On se marie le plus souvent en février et novembre car cela correspond à une période de répit dans les travaux agricoles.

Afin de limiter les frais, il n’était pas rare de voir se marier le même jour deux frères ou deux sœurs.

 

La mort aux trousses

La mort frappe souvent et particulièrement les enfants en bas âge et les femmes en couches (bien que les circonstances ne soient que rarement précisées).

Par exemple, entre le 22 novembre et le 22 décembre 1790, il y a eu 13 décès.

Parmi ces décès, 4 concernent des enfants de moins d’un an, 6 concernent des enfants entre 1 et 10 ans, 1  adolescent et 2  adultes.

Parfois, l'épidémie peut frapper la même maison comme chez la famille Appert en 1790. Jean le père meurt le 27 juin, son fils meurt le 30 juin et sa femme Marguerite le 5 juillet.

Au temps de la Révolution, 50 % des décès concernaient des enfants de moins de 10 ans. 

Si notre classe avait vécu en cette fin de XVIIIème siècle, nous ne serions plus qu'un dizaine sur la photo.

 

 

Les activités

A Ardentes, la présence des forges est très importante car elle est créatrice de très nombreux emplois tant la forge elle-même que  la forêt, nécessaire pour approvisionner celles-ci ( grosses consommatrices de bois) en combustible.

 

Les métiers des forges : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron".

 

Les garde-fourneaux :  ils surveillent le chargement du foyer.

 Les chauffeurs : ils approvisionnent les foyers en charbon.

  Les forgerons ou marteleurs : une fois la fonte liquide, ils forgent et battent le minerai.

 Les affineurs :  ils chauffent et travaillent le métal. 

Les fendeurs : ils transforment les fers en verges.

 

    

Lors de la Grande Peur de juillet 1789, les ouvriers des forges se sont armés et sont partis aider la ville de Châteauroux à se défendre contre d'éventuels agresseurs qui ne sont d'ailleurs jamais venus.

 

Les métiers de la forêt : "Il ne faut pas jeter le manche avant la cognée."

 

Le bûcheron :  il abat à la hache les arbres, ébranche et débite les bûches. 

Le fendeur : il réduit les bûches à la grosseur adéquate. 

Le dresseur : il entasse le bois en cordes.

 Le fagotier : Avec les branches trop petites, il fait des fagots qui serviront à allumer les fourneaux ou qui seront vendus à des particuliers pour allumer les fours à pain.

Le charbonnier : il fabrique le charbon de bois à partir des bûches.

 

         

 

Les voituriers et les muletiers: "Qui veut voyager loin ménage sa monture".

 

Le transport des matières premières (bois, charbon, minerai) de la forêt vers la forge est effectué par les voituriers et muletiers qui forment une catégorie d’ouvriers indispensables. Ils sont généralement propriétaires de leurs animaux et engagent leurs services par contrat.

Ils sont très nombreux, notamment à Saint-Martin où l'on recense 22 voituriers et 17 muletiers utilisant 116 chevaux et 254 mulets. Quelle ménagerie !

 

 

Le cahier de doléances

 

Pour Ardentes , seul le cahier de Saint Martin a été retrouvé. C' est Louis XVI qui a ordonné à tous les Français dans chaque paroisse d'écrire sur un cahier leurs plaintes et doléances. Ils ont pu ainsi exprimer leurs vœux pour améliorer la façon de vivre. 

 

 A Saint-Martin, le cahier de doléances a été écrit le dimanche 8 mars 1789. On a sonné la cloche de l'église  pour annoncer aux habitants qu'il était l' heure de rédiger le cahier de doléances. Les hommes sont venus comme à l'accoutumée devant la porte principale de l'église. 31 chefs de famille (tous des hommes) sur 190 se sont présentés. Parmi eux, seulement 12  ont été capables d'apposer leur signature en bas du document.

 

Les citoyens assemblés ont également désigné ce jour-là les deux députés chargés de porter les cahiers de doléances à Châteauroux. Les habitants de Saint-Vincent ont choisi comme délégués Etienne Grété de Champilliers ,maître de forge et Pierre Blanchard, marchand.

 Le cahier de doléance des Ardentais rédigé par des citoyens maîtrisant la langue et l’orthographe n'est pas original. Les habitants voulaient, entre autre, que tout le monde paie le même impôt y compris la Noblesse et le Clergé. 

Les Ardentais sont fidèles à sa Majesté Louis XVI. Mais ils désiraient être plus associés à la gestion du royaume : c’en est fini de la Monarchie Absolue.

 

Lire l'intégralité du cahier de doléances de Saint-Martin

 

 

 

Les premières municipalités

 

La Nouvelle Assemblée Nationale a décrété :

 le 12 novembre 1789  : il y aura un maire dans chaque commune de France.

 le 14 décembre 1789 : la formation et les fonctions de ces municipalités.

les 11 et 22 décembre : la division du royaume en départements, districts et cantons.

La première municipalité est constituée d'un maire, de cinq officiers et douze notables. 

 

 Que doit faire le maire ?

 

 Il doit tenir trois registres :les mariages , les naissances et les décès. Mais la loi n' entre en action que le 1er janvier 1793.

A Ardentes, le dimanche 7 février 1790, à huit heures du matin, les habitants du bourg et paroisse s'assemblent pour élire le premier maire. On élit Monsieur Guillaume Blanchard qui obtient "la pluralité absolue des voix". Reste à désigner les officiers municipaux. Le dépouillement désigne Denis Devolf, Jean Geoffroy fils, Martial Sénéchaut, Jean Tourat et Silvain Tissier.

 

Quelques soucis pour nos premiers maires

  • Guillaume Blanchard, le premier maire élu le 7 février 1790 doit démissionner 9 mois plus tard le 7 novembre 1790. Venant d'être élu juge de paix pour le canton, il ne peut cumuler les deux fonctions. On doit donc élire un nouveau maire : Barthélémy Amiot, fondeur à Forge Haute.

Déjà des problèmes de cumul de mandats !...

 

  • Jean Geoffroy, laboureur à la Boisfarderie, 4ème maire élu de Saint-Vincent est destitué par les autorités supérieures..... ...Il ne savait ni lire.... ni écrire.

         

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